Paula Modersohn-Becker

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J’ai lu “Etre ici est une splendeur” de Marie Darrieussecq (puis “Le bébé” du même auteur car souvent les bons livres donnent envie d’en lire d’autres) (aparté sur laquelle je reviendrais peut-être) sur les conseils d’une libraire interviewée pour La Grande Librairie. Et merci à cette libraire, car j’y ai découvert une artiste femme forte, déterminée, talentueuse, habitée par son art. Avec un destin tragique (elle meurt peu de temps après avoir accouché, à 31 ans) mais une vie riche et foisonnante, de rencontres, de nature, d’amour, de déceptions, de poésie aussi. Cet ouvrage a su me captiver et donne envie de se plonger dans ses peintures, afin d’y déceler au détour d’une couleur, les émotions qui pouvaient la traverser.

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Adrienne Ségur

Somewhere in Burgundy, we went to a book sale. There was a very unique book with beautiful, delicate yet modern illustrations: Il était une fois, vieux contes français de Charles Perrault.

That is where I found out about Adrienne Segur. Wikipedia gave me a short biography. This website is the best I found in english about her. And here is an article (fr) about an exhibition honouring Adrienne’s work: link 2 .

But internet is not very talkative when it comes to her life and work, which is a shame because she must have had a very interesting and rich life !

Adrienne Segur (23 November 1901 – 11 August 1981) was a French children’s book illustrator. Segur’s illustrations were made known by the publishing house Flammarion in the 1950s and 1960s and appeared particularly in The Fairy Tale Book, the English translation of Il Etait Une Fois published in 1958 by Golden Books, Simon and Schuster.

Segur was born in Athens, Greece, in the family of French writer Nicolas Segur. Around 1932 she married the Egyptian poet and thinker Mounir Hafez. (…) In 1936–1939, Segur was the director of the children’s column in Le Figaro where she made all the illustrations. Segur died in Paris, France in 1981.

 

Hot Sugar

Hot Sugar (aka Nick Koenig)‘s music is not as sweet as his name although there is some fruity feeling coming out of it. It seems that my English is too poor to express what I feel like when I listen to it because it is a full experience where the five senses are summoned.

In a 2015 interview with NPR, he described associative music as “try[ing] to capture sounds the same way a photographer would capture an image: If something looks poetic, I’ll record it”

So much beauty to see, to hear, to touch (synesthesia involved.) So many colors, explosions of joy, of sadness, of vulnerability, of power; it’s insanely well composed and authentic. I could not choose one song. Sit down or and just listen to the whole albums God’s Hand (2015) & The Melody of Dust (2017). 

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Here are a few comments I found under his youtube videos :

“this makes me feel a deep unsettling happiness like falling forever into a purple ocean”

“this makes me think of what kind of music stars would make and a warm night on a beach with a lover”

“this makes me cry. why though?”

“painting with watercolours to this right now feels like the droplets of pigment are absorbing a little bit of this musical masterpiece”

“I’m dreaming ? Or this album is 2 good for this world ?”

“This just changed my life… again.”

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You see, the internet can be a happy, genuine, benevolent, lovely place when, in a middle of nowhere, something really beautiful and powerful pops out. Thank you Hot Sugar for your contribution to make the world a better place.

Please, give me another cup of Hot Sugar.

Ce qui change

   Oui la naissance d’un enfant bouleverse le quotidien, questionne notre rapport au monde et aux autres, réoriente nos priorités, nous propulse dans la sphère des adultes responsables d’une autre personne que soi. Néanmoins, nous demeurons la personne que nous étions avant cette naissance. Avec nos qualités, nos défauts, notre impatience, nos peurs, nos envies, notre histoire. Peut-être même devenons-nous une sorte de version exacerbée de nous-même, avec ce nouvel instinct protecteur de (pro)créateur envers une progéniture qui nous semble si frêle et si unique à la fois. Alors non, tout ne change pas lorsque nous devenons père, mère, parents, mais indubitablement, certaines choses évoluent.

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Judy Drew, Love Of A Child

Ce qui change essentiellement, de façon presque palpable ? Le rapport au temps. Obtenir une heure à soi, c’est par exemple une victoire qui passe en un éclair. Lorsque mon conjoint emmène notre petit en promenade, j’ai à peine le temps de faire la moitié de ce que j’avais prévu de faire qu’ils reviennent. On nous répète qu’il “faut” trouver le temps (pour soi, de faire des choses, de voir des gens), et je suis d’accord, mais honnêtement lorsqu’il nous arrive d’avoir un moment de calme ou quand le dimanche arrive, nous n’avons qu’une envie : nous reposer. Regarder une série et faire une sieste. Se détendre, respirer. Oublier un instant seulement que notre bébé grandit de façon vertigineuse et que bientôt il sera un petit garçon.

Ensuite, la très grande majorité de nos amis n’a pas d’enfant. Alors comment faire pour que la conversation continue à être riche alors que nos quotidiens sont si différents et que fatalement, en tant que parents, nous en revenons souvent à parler couche et progrès de bébé ? Trouver des amis avec des enfants serait une bonne alternative mais il faudrait pour cela se rendre sociable et se faire violence. Car notre enfant ne va pas en crèche ni à l’école, lieux de rencontres inter-parentales. Non pas changer d’amis mais en chercher de nouveaux pour des moments parent(s)-enfant(s) qui pourraient être enrichissants.

Concernant les tâches ménagères attention grand sujet brûlant il a fallu établir des règles souterraines et opérer quelques changements. C’est somme toute assez simple : ce que je déteste faire, l’homme le fait, et inversement. Par exemple, il sort les poubelles, fait les courses, achète les couches et en ce moment comme je travaille, fait plus souvent la vaisselle. De mon côté je m’occupe des lessives, de trier les vêtements, du ménage (il lui arrive néanmoins de passer l’aspirateur), donne le bain à notre fils. L’homme garde bébé toute la semaine alors quand le week-end arrive, je me rends compte de l’intensité de travail et de concentration que cela demande. J’ai un peu honte de l’avouer mais mon travail me fatigue moins. C’est important de s’entendre sur ce sujet, sur qui fait quoi tout en ne figeant rien.

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Il est plus difficile de sortir. De sortir le soir n’en parlons pas (sauf si l’un de nous se “sacrifie”.) Certaines sorties sont à éviter avec un enfant en très bas âge : cinéma, musée, concert (sauf spécialisé jeunesse)… Depuis un peu plus de 14 mois, rien de tout ça. Alors nous faisons des choses “en famille” : parc, square, brocante, animations, institut suédois… Ça change mais c’est plutôt agréable. La liberté et la folie que nous avions il y a quelques mois se sont déplacées. Vers un ailleurs affectif. Vers une liberté d’aimer inconditionnellement sans avoir peur. Se sentir vivant et faire partie de la grande marche de l’Univers.

Naturellement, notre vie tourne autour de notre enfant, parce qu’il est petit, qu’il requière toute notre attention, tout notre amour, presque tout notre temps. Oui c’est ennuyeux vue de l’extérieur et parfois il faut l’avouer, aussi un peu de l’intérieur. Mais ses petits yeux remplis d’amour et la vitesse à laquelle il grandit, irrémédiable course contre la montre, sont des instants précieux qui s’échappent aussi rapidement qu’ils ne se présentent. Car lui n’aura qu’une enfance et c’est à nous de la rendre la plus heureuse possible, c’est notre priorité, parfois au détriment de nos envies. Et oui peut-être que nous sommes devenus “chiants” mais aux yeux de qui et à quel degré ? Hier nous dansions et rigolions devant bébé qui, assis devant le canapé, souriait de nous voir nous donner en spectacle. Parfois on se marre bien quand même.

Et vous, c’était comment cette première année avec bébé ?