Ce qui change

   Oui la naissance d’un enfant bouleverse le quotidien, questionne notre rapport au monde et aux autres, réoriente nos priorités, nous propulse dans la sphère des adultes responsables d’une autre personne que soi. Néanmoins, nous demeurons la personne que nous étions avant cette naissance. Avec nos qualités, nos défauts, notre impatience, nos peurs, nos envies, notre histoire. Peut-être même devenons-nous une sorte de version exacerbée de nous-même, avec ce nouvel instinct protecteur de (pro)créateur envers une progéniture qui nous semble si frêle et si unique à la fois. Alors non, tout ne change pas lorsque nous devenons père, mère, parents, mais indubitablement, certaines choses évoluent.

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Judy Drew, Love Of A Child

Ce qui change essentiellement, de façon presque palpable ? Le rapport au temps. Obtenir une heure à soi, c’est par exemple une victoire qui passe en un éclair. Lorsque mon conjoint emmène notre petit en promenade, j’ai à peine le temps de faire la moitié de ce que j’avais prévu de faire qu’ils reviennent. On nous répète qu’il “faut” trouver le temps (pour soi, de faire des choses, de voir des gens), et je suis d’accord, mais honnêtement lorsqu’il nous arrive d’avoir un moment de calme ou quand le dimanche arrive, nous n’avons qu’une envie : nous reposer. Regarder une série et faire une sieste. Se détendre, respirer. Oublier un instant seulement que notre bébé grandit de façon vertigineuse et que bientôt il sera un petit garçon.

Ensuite, la très grande majorité de nos amis n’a pas d’enfant. Alors comment faire pour que la conversation continue à être riche alors que nos quotidiens sont si différents et que fatalement, en tant que parents, nous en revenons souvent à parler couche et progrès de bébé ? Trouver des amis avec des enfants serait une bonne alternative mais il faudrait pour cela se rendre sociable et se faire violence. Car notre enfant ne va pas en crèche ni à l’école, lieux de rencontres inter-parentales. Non pas changer d’amis mais en chercher de nouveaux pour des moments parent(s)-enfant(s) qui pourraient être enrichissants.

Concernant les tâches ménagères attention grand sujet brûlant il a fallu établir des règles souterraines et opérer quelques changements. C’est somme toute assez simple : ce que je déteste faire, l’homme le fait, et inversement. Par exemple, il sort les poubelles, fait les courses, achète les couches et en ce moment comme je travaille, fait plus souvent la vaisselle. De mon côté je m’occupe des lessives, de trier les vêtements, du ménage (il lui arrive néanmoins de passer l’aspirateur), donne le bain à notre fils. L’homme garde bébé toute la semaine alors quand le week-end arrive, je me rends compte de l’intensité de travail et de concentration que cela demande. J’ai un peu honte de l’avouer mais mon travail me fatigue moins. C’est important de s’entendre sur ce sujet, sur qui fait quoi tout en ne figeant rien.

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Il est plus difficile de sortir. De sortir le soir n’en parlons pas (sauf si l’un de nous se “sacrifie”.) Certaines sorties sont à éviter avec un enfant en très bas âge : cinéma, musée, concert (sauf spécialisé jeunesse)… Depuis un peu plus de 14 mois, rien de tout ça. Alors nous faisons des choses “en famille” : parc, square, brocante, animations, institut suédois… Ça change mais c’est plutôt agréable. La liberté et la folie que nous avions il y a quelques mois se sont déplacées. Vers un ailleurs affectif. Vers une liberté d’aimer inconditionnellement sans avoir peur. Se sentir vivant et faire partie de la grande marche de l’Univers.

Naturellement, notre vie tourne autour de notre enfant, parce qu’il est petit, qu’il requière toute notre attention, tout notre amour, presque tout notre temps. Oui c’est ennuyeux vue de l’extérieur et parfois il faut l’avouer, aussi un peu de l’intérieur. Mais ses petits yeux remplis d’amour et la vitesse à laquelle il grandit, irrémédiable course contre la montre, sont des instants précieux qui s’échappent aussi rapidement qu’ils ne se présentent. Car lui n’aura qu’une enfance et c’est à nous de la rendre la plus heureuse possible, c’est notre priorité, parfois au détriment de nos envies. Et oui peut-être que nous sommes devenus “chiants” mais aux yeux de qui et à quel degré ? Hier nous dansions et rigolions devant bébé qui, assis devant le canapé, souriait de nous voir nous donner en spectacle. Parfois on se marre bien quand même.

Et vous, c’était comment cette première année avec bébé ?

 

A échelle humaine : interview

L’adolescence est une période fascinante. Une période charnière qui forge et parfois cristallise la personne que nous serons. Gorgée de premières fois, d’expériences, de découvertes sur soi-même, le monde, les autres. Pour utiliser des poncifs, disons que l’adolescence c’est ne plus être un enfant mais refuser d’être un adulte tout en cherchant à appartenir à un groupe et sonder des repères afin de se sentir plus fort. C’est souvent bien plus que ça. En tant que jeune adulte, je songe souvent avec une douce nostalgie à ma propre adolescence, même si elle signifie aussi rébellion, colère, doute. Je trouve qu’une sorte de clairvoyance soudaine sur le monde entoure cette période floue, éventuellement brutale et déchirante et c’est pourquoi j’ai eu envie d’interroger des jeunes afin de mieux comprendre ce que ça signifie d’être adolescent aujourd’hui sous un prisme, celui de la créativité. 

Victoire vient d’avoir 16 ans #sweetsixteen et elle a bien voulu répondre à mes questions. Ses réponses sont les siennes, sans retouche, sans fioriture de ma part.

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  • Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Victoire, je viens d’avoir 16 ans, et je passe en 1ère ES (économique et sociale) en septembre prochain. Je vis à la campagne avec mes parents, j’aime la photographie, regarder des films et sortir avec mes amis. J’ai deux frères et une sœur, tous les trois plus âgés que moi, qui sont partis du cocon familial depuis un petit moment déjà. Je pourrais me décrire comme créative et curieuse.

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  • Tu viens d’avoir 16 ans, comment te sens-tu ?

En toute sincérité, le fait d’avoir eu 16 ans ne me fait ni chaud ni froid. En réalité, les anniversaires ne me font jamais beaucoup d’effets, à l’inverse des expériences de la vie.

  • Quels sont tes centres d’intérêts ? Qu’aimes-tu faire en dehors ou au sein du lycée ?

Comme je l’ai dit précédemment, j’adore prendre des photos. J’aime photographier mes amis, le monde qui m’entoure, ou encore réaliser des autoportraits (je m’amuse avec le décor, le choix des vêtements ou le maquillage!). De plus, tout ce qui s’ajoute à l’univers créatif m’attire beaucoup. Par exemple, j’adore écrire, décorer ma chambre et réaliser de petits carnets en papier (surnommés des zines).

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Le cinéma m’intéresse aussi : il y a énormément de réalisateurs qui m’inspirent, et de films qui m’apportent plein de choses au quotidien. J’ai un penchant pour les films coréens (Mother de Bong Joon-ho m’a vraiment marquée), ou l’acteur Joaquin Phoenix. Ma famille et mes proches sont bien sûr une source d’inspiration au quotidien, dans leur philosophie par exemple. De plus, ma grande sœur est artiste est celle-ci ne cesse de m’inspirer chaque jour.

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“Peau d’âne” de Jacques Demy

  • Tu es très créative avec une maturité artistique évidente. D’où te vient selon toi cette créativité ? Qu’est ce qui stimule ta créativité ? 

 (Avant tout merci beaucoup!)
Selon moi, la créativité peut surgir de partout/nulle part : de livres, de personnes dans la rue, de chansons… (Oui, c’est étrange, mais certaines musiques stimulent ma fibre créative! Je citerais notamment les artistes Joe Hisaishi et Vendredi sur Mer).  Les réseaux sociaux sont aussi une bonne source pour la créativité. Il existe de nombreuses personnalités à suivre, comme des illustrateurs ou photographes (Camille Deschiens, Jimmy Marble, Clemsyxue…).

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Camille Deschiens

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Jimmy Marble

  • Vestimentairement parlant, tu as un style très marqué et tu n’hésites pas à expérimenter. Te fixes-tu des limites ou toutes les combinaisons sont possibles ?

Au lycée, les gens sont plus ouverts d’esprit, donc il est plus simple de s’habiller comme on le souhaite. J’aime essayer toutes les combinaisons possibles, mixer les genres… J’ai mes propres limites, et celles-ci sont simples : restez soi-même ! (et bien sûr, être bien dans ses vêtements!).

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  • Utilises-tu les réseaux sociaux, si oui quels sont tes favoris et pourquoi ? Quel est ton rapport à internet ?

Oui! Les réseaux sociaux sont un moyen pour communiquer, trouver de nouvelles idées et, comme je l’ai dit précédemment, ils stimulent selon moi la créativité (il faut bien évidemment savoir fouiller aux bons endroits). J’adore utiliser Instagram et Pinterest.

Mon rapport à internet? Il faut savoir l’utiliser correctement. On y trouve des choses bonnes et mauvaises. Je trouve tout de même qu’il s’agit d’un outil important et presque indispensable de nos jours.

  • Que penses-tu de ton époque, créativement parlant (musique, film, art) ? Te sens-tu en phase avec ce qui se fait ?

L’art, la musique et tous les autres domaines créatifs ne cessent d’évoluer aujourd’hui, ce qui est une bonne chose. Les choix sont variés et il y en a pour tous les goûts! Tant de choses nouvelles apparaissent chaque jour, que j’ai d’ailleurs du mal à suivre! (C’est même impossible!). Certaines évolutions me plaisent, comme l’accessibilité à l’art (je pense que le dernier clip de Beyoncé et Jay-Z est un pas en avant), et d’autres moins, évidemment.

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  • Est-ce que tu estimes que les adolescents sont représentés de façon juste dans les médias / sur internet ou as-tu du mal à t’identifier avec les images imposées ?

Haha, question difficile! Tout dépend du média en particulier, et de la représentation qui est faite. J’ai vu des films dans lesquels je ne pourrais pas m’identifier aux personnages de mon âge. Je pense notamment au film « Bang Gang » qui, selon moi, ne représente pas la jeunesse actuelle (peut être pour certains, qui sait ?) mais qui reste un film d’une assez bonne qualité !

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  • Peux-tu nous donner une petite sélection de ce qui t’inspire en ce moment ? Des gens, des oeuvres, ce que tu veux.

J’ai découvert une chaîne YouTube tout récemment, surnommée « The Purple Palace ». Elle est tenue par Shayna Tell. Il s’agit d’une américaine installée à Paris pour ses études d’art (son école a l’air tellement bien, j’en suis jalouse !). J’aime son univers ainsi que sa créativité inépuisable. Cette chaîne est mon dernier coup de cœur récent, il faut dire que j’en ai rarement !

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“The Purple Palace”

  • As-tu des projets, que ce soit maintenant ou de façon plus vaste dans un futur plus ou moins proche ?

Dans un futur proche, j’aimerais beaucoup réussir à décrochez mon code! Et pour ce qu’il s’agit d’un futur plus lointain, je n’ai pas encore beaucoup d’idées, je laisse simplement la vie couler.

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  • Un message à faire passer aux jeunes filles ou garçons de ton âge ?

Ne te laisse pas influencer par les autres, aie tes propres goûts et n’aie pas peur de les assumer fièrement! Reste toi même.

 

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Retrouve Victoire alias Vikyjune sur son instagram 

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Girls crushes

Short hair don’t care

Three girls with short hair.

  • Zoe Elise Bullock alias @zeliseb. I do not have a lot of informations about this girl. I found her on Instagram. She is very beautiful with a unique style and a face you won’t forget.

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Zoe Elise Bullock

  • Pasha Harulia. A eighteen years old model from Ukraine, becoming more and more famous. No need to ask why: just look at her.
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by Chloe Le Drezen

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Minsk Studio

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  • Victoire alias @vikyjune, a fifteen years old girl in high school, dreaming about becoming a photographer.

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@vikyjune

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Things you might not need

When it comes to our home, the stuff we own should be useful. Not here just because everyone has got it or it is “the norm” to own them. I am not talking about decoration, art or stuff that makes us happy, those are more than useful and an expanding of our personality.

Here is a list of things you might consider not having in your life / home, especially if you live in a big city.

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  1. A car. Let’s start with a big thing. If you live in a big city, you do not need a car (at least in Europe.) Public transport is well thought, you can do everything and go everywhere easily. As for us, yes we do not have our driving licence (yet) which explain why we do not own a car but honestly, we really do not need one. Plus, it costs a lot of money and is bad for the environment.
  2. A fridge. It is absolutely possible to live without a fridge. For the story: last august, my ex-roomate left with the fridge and the washing-machine. We had to choose to spend our money in one item because we could not afford to buy both. With a baby, we chose the washing-machine (but for ten years I lived without one and it was totally ok.) Without a fridge, we do need to go more often to the groceries to buy fruits and vegetables, we cook only for one meal in order to have no leftover… but there is no big constraint. We do not eat fish, meat, milk or eggs so maybe it helps. As for the cheese (we do eat cheese), my brother-the-farmer told me that it is better to keep it outside the fridge in a special box: it will taste better (and smell stronger too.) My mum told me I had an great-aunt that lived 40 years without a fridge and died at almost 100 years old… See, very possible.
  3. A micro-wave. No need to explain. A micro-wave is a modern ustensil for hurry people. You really do not need one.
  4. A TV. I can not understand why people still have TVs nowadays. It is pure crap and with the internet, you can choose what to watch and when to watch it. In France in some places, the internet is very slow or barely exist but still: putting the radio on, listening to music or opening a book still are options.
  5. A cell phone. I did a post about living without a cellphone.
  6. Too many clothes. I have a reasonable amount of clothes (less than the majority but more than some people I guess) and a few pair of shoes and I do appreciate all of them. When we met with my boyfriend,  he had only a pair of jeans, one pair of shoes, two t-shirts and a coat… We bought him some new stuff since (for work or a big event like a wedding) but he really is what you can call a minimalist and you know, he is doing fine. If you love clothes, feel free to have a lot of them but only if you really enjoy having them around. If not, consider having less of them and keep the stuff you do wear. You can be stylish with just a few items.
  7. Too many cosmetics. I used to love beauty products and makeup, it was my “péché mignon” for a while. I still own a few makeup products (although I barely use it especially since I gave birth), a shampoo, a product to wash my face, a face cream and a deodorant. It is hard for me to let go but deep down I know I need less than that. My boyfriend use only soap (because I tell him to, if not for me he would use only water…), coconut oil (very useful) and sometimes pure clay. Maybe one day I’ll do the same beauty routine as he does… “If you can eat it, then you can put eat on your skin” he told me. Well, kind of logical but obviously, most of the products that are sold in stores are poison for our health, let’s keep that in mind before buying our next shampoo or body cream. Recently my friend Jamie gave me a soap and a creme that she made back in the US: check the Goat’s Goods it is all natural !
  8. Too many household products. Some soft soap (“savon noir”) and vinegar should be enough. Although I still find myself using wipes or bleach pastilles. Bad girl is still learning.

Any suggestion ? Which things do I not need without knowing it ? 

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Riikka Sormunen

First

This August with my sister Victoire, we had the chance to exhibit some of our work in an old “lavoir” (washing place), which is a beautiful and very unique place. My sister (Instagram @vikyjune) is a young photographer. She also makes little notebooks and lovely things. I am very proud of her and also of me because it is my first real “adult” exhibition.

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photos B. Junot