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Adrienne Ségur

Somewhere in Burgundy, we went to a book sale. There was a very unique book with beautiful, delicate yet modern illustrations: Il était une fois, vieux contes français de Charles Perrault.

That is where I found out about Adrienne Segur. Wikipedia gave me a short biography. This website is the best I found in english about her. And here is an article (fr) about an exhibition honouring Adrienne’s work: link 2 .

But internet is not very talkative when it comes to her life and work, which is a shame because she must have had a very interesting and rich life !

Adrienne Segur (23 November 1901 – 11 August 1981) was a French children’s book illustrator. Segur’s illustrations were made known by the publishing house Flammarion in the 1950s and 1960s and appeared particularly in The Fairy Tale Book, the English translation of Il Etait Une Fois published in 1958 by Golden Books, Simon and Schuster.

Segur was born in Athens, Greece, in the family of French writer Nicolas Segur. Around 1932 she married the Egyptian poet and thinker Mounir Hafez. (…) In 1936–1939, Segur was the director of the children’s column in Le Figaro where she made all the illustrations. Segur died in Paris, France in 1981.

 

Hot Sugar

Hot Sugar (aka Nick Koenig)‘s music is not as sweet as his name although there is some fruity feeling coming out of it. It seems that my English is too poor to express what I feel like when I listen to it because it is a full experience where the five senses are summoned.

In a 2015 interview with NPR, he described associative music as “try[ing] to capture sounds the same way a photographer would capture an image: If something looks poetic, I’ll record it”

So much beauty to see, to hear, to touch (synesthesia involved.) So many colors, explosions of joy, of sadness, of vulnerability, of power; it’s insanely well composed and authentic. I could not choose one song. Sit down or and just listen to the whole albums God’s Hand (2015) & The Melody of Dust (2017). 

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Here are a few comments I found under his youtube videos :

“this makes me feel a deep unsettling happiness like falling forever into a purple ocean”

“this makes me think of what kind of music stars would make and a warm night on a beach with a lover”

“this makes me cry. why though?”

“painting with watercolours to this right now feels like the droplets of pigment are absorbing a little bit of this musical masterpiece”

“I’m dreaming ? Or this album is 2 good for this world ?”

“This just changed my life… again.”

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You see, the internet can be a happy, genuine, benevolent, lovely place when, in a middle of nowhere, something really beautiful and powerful pops out. Thank you Hot Sugar for your contribution to make the world a better place.

Please, give me another cup of Hot Sugar.

Ce qui change

   Oui la naissance d’un enfant bouleverse le quotidien, questionne notre rapport au monde et aux autres, réoriente nos priorités, nous propulse dans la sphère des adultes responsables d’une autre personne que soi. Néanmoins, nous demeurons la personne que nous étions avant cette naissance. Avec nos qualités, nos défauts, notre impatience, nos peurs, nos envies, notre histoire. Peut-être même devenons-nous une sorte de version exacerbée de nous-même, avec ce nouvel instinct protecteur de (pro)créateur envers une progéniture qui nous semble si frêle et si unique à la fois. Alors non, tout ne change pas lorsque nous devenons père, mère, parents, mais indubitablement, certaines choses évoluent.

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Judy Drew, Love Of A Child

Ce qui change essentiellement, de façon presque palpable ? Le rapport au temps. Obtenir une heure à soi, c’est par exemple une victoire qui passe en un éclair. Lorsque mon conjoint emmène notre petit en promenade, j’ai à peine le temps de faire la moitié de ce que j’avais prévu de faire qu’ils reviennent. On nous répète qu’il “faut” trouver le temps (pour soi, de faire des choses, de voir des gens), et je suis d’accord, mais honnêtement lorsqu’il nous arrive d’avoir un moment de calme ou quand le dimanche arrive, nous n’avons qu’une envie : nous reposer. Regarder une série et faire une sieste. Se détendre, respirer. Oublier un instant seulement que notre bébé grandit de façon vertigineuse et que bientôt il sera un petit garçon.

Ensuite, la très grande majorité de nos amis n’a pas d’enfant. Alors comment faire pour que la conversation continue à être riche alors que nos quotidiens sont si différents et que fatalement, en tant que parents, nous en revenons souvent à parler couche et progrès de bébé ? Trouver des amis avec des enfants serait une bonne alternative mais il faudrait pour cela se rendre sociable et se faire violence. Car notre enfant ne va pas en crèche ni à l’école, lieux de rencontres inter-parentales. Non pas changer d’amis mais en chercher de nouveaux pour des moments parent(s)-enfant(s) qui pourraient être enrichissants.

Concernant les tâches ménagères attention grand sujet brûlant il a fallu établir des règles souterraines et opérer quelques changements. C’est somme toute assez simple : ce que je déteste faire, l’homme le fait, et inversement. Par exemple, il sort les poubelles, fait les courses, achète les couches et en ce moment comme je travaille, fait plus souvent la vaisselle. De mon côté je m’occupe des lessives, de trier les vêtements, du ménage (il lui arrive néanmoins de passer l’aspirateur), donne le bain à notre fils. L’homme garde bébé toute la semaine alors quand le week-end arrive, je me rends compte de l’intensité de travail et de concentration que cela demande. J’ai un peu honte de l’avouer mais mon travail me fatigue moins. C’est important de s’entendre sur ce sujet, sur qui fait quoi tout en ne figeant rien.

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Il est plus difficile de sortir. De sortir le soir n’en parlons pas (sauf si l’un de nous se “sacrifie”.) Certaines sorties sont à éviter avec un enfant en très bas âge : cinéma, musée, concert (sauf spécialisé jeunesse)… Depuis un peu plus de 14 mois, rien de tout ça. Alors nous faisons des choses “en famille” : parc, square, brocante, animations, institut suédois… Ça change mais c’est plutôt agréable. La liberté et la folie que nous avions il y a quelques mois se sont déplacées. Vers un ailleurs affectif. Vers une liberté d’aimer inconditionnellement sans avoir peur. Se sentir vivant et faire partie de la grande marche de l’Univers.

Naturellement, notre vie tourne autour de notre enfant, parce qu’il est petit, qu’il requière toute notre attention, tout notre amour, presque tout notre temps. Oui c’est ennuyeux vue de l’extérieur et parfois il faut l’avouer, aussi un peu de l’intérieur. Mais ses petits yeux remplis d’amour et la vitesse à laquelle il grandit, irrémédiable course contre la montre, sont des instants précieux qui s’échappent aussi rapidement qu’ils ne se présentent. Car lui n’aura qu’une enfance et c’est à nous de la rendre la plus heureuse possible, c’est notre priorité, parfois au détriment de nos envies. Et oui peut-être que nous sommes devenus “chiants” mais aux yeux de qui et à quel degré ? Hier nous dansions et rigolions devant bébé qui, assis devant le canapé, souriait de nous voir nous donner en spectacle. Parfois on se marre bien quand même.

Et vous, c’était comment cette première année avec bébé ?

 

A échelle humaine : interview

L’adolescence est une période fascinante. Une période charnière qui forge et parfois cristallise la personne que nous serons. Gorgée de premières fois, d’expériences, de découvertes sur soi-même, le monde, les autres. Pour utiliser des poncifs, disons que l’adolescence c’est ne plus être un enfant mais refuser d’être un adulte tout en cherchant à appartenir à un groupe et sonder des repères afin de se sentir plus fort. C’est souvent bien plus que ça. En tant que jeune adulte, je songe souvent avec une douce nostalgie à ma propre adolescence, même si elle signifie aussi rébellion, colère, doute. Je trouve qu’une sorte de clairvoyance soudaine sur le monde entoure cette période floue, éventuellement brutale et déchirante et c’est pourquoi j’ai eu envie d’interroger des jeunes afin de mieux comprendre ce que ça signifie d’être adolescent aujourd’hui sous un prisme, celui de la créativité. 

Victoire vient d’avoir 16 ans #sweetsixteen et elle a bien voulu répondre à mes questions. Ses réponses sont les siennes, sans retouche, sans fioriture de ma part.

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  • Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Victoire, je viens d’avoir 16 ans, et je passe en 1ère ES (économique et sociale) en septembre prochain. Je vis à la campagne avec mes parents, j’aime la photographie, regarder des films et sortir avec mes amis. J’ai deux frères et une sœur, tous les trois plus âgés que moi, qui sont partis du cocon familial depuis un petit moment déjà. Je pourrais me décrire comme créative et curieuse.

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  • Tu viens d’avoir 16 ans, comment te sens-tu ?

En toute sincérité, le fait d’avoir eu 16 ans ne me fait ni chaud ni froid. En réalité, les anniversaires ne me font jamais beaucoup d’effets, à l’inverse des expériences de la vie.

  • Quels sont tes centres d’intérêts ? Qu’aimes-tu faire en dehors ou au sein du lycée ?

Comme je l’ai dit précédemment, j’adore prendre des photos. J’aime photographier mes amis, le monde qui m’entoure, ou encore réaliser des autoportraits (je m’amuse avec le décor, le choix des vêtements ou le maquillage!). De plus, tout ce qui s’ajoute à l’univers créatif m’attire beaucoup. Par exemple, j’adore écrire, décorer ma chambre et réaliser de petits carnets en papier (surnommés des zines).

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Le cinéma m’intéresse aussi : il y a énormément de réalisateurs qui m’inspirent, et de films qui m’apportent plein de choses au quotidien. J’ai un penchant pour les films coréens (Mother de Bong Joon-ho m’a vraiment marquée), ou l’acteur Joaquin Phoenix. Ma famille et mes proches sont bien sûr une source d’inspiration au quotidien, dans leur philosophie par exemple. De plus, ma grande sœur est artiste est celle-ci ne cesse de m’inspirer chaque jour.

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“Peau d’âne” de Jacques Demy

  • Tu es très créative avec une maturité artistique évidente. D’où te vient selon toi cette créativité ? Qu’est ce qui stimule ta créativité ? 

 (Avant tout merci beaucoup!)
Selon moi, la créativité peut surgir de partout/nulle part : de livres, de personnes dans la rue, de chansons… (Oui, c’est étrange, mais certaines musiques stimulent ma fibre créative! Je citerais notamment les artistes Joe Hisaishi et Vendredi sur Mer).  Les réseaux sociaux sont aussi une bonne source pour la créativité. Il existe de nombreuses personnalités à suivre, comme des illustrateurs ou photographes (Camille Deschiens, Jimmy Marble, Clemsyxue…).

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Camille Deschiens

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Jimmy Marble

  • Vestimentairement parlant, tu as un style très marqué et tu n’hésites pas à expérimenter. Te fixes-tu des limites ou toutes les combinaisons sont possibles ?

Au lycée, les gens sont plus ouverts d’esprit, donc il est plus simple de s’habiller comme on le souhaite. J’aime essayer toutes les combinaisons possibles, mixer les genres… J’ai mes propres limites, et celles-ci sont simples : restez soi-même ! (et bien sûr, être bien dans ses vêtements!).

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  • Utilises-tu les réseaux sociaux, si oui quels sont tes favoris et pourquoi ? Quel est ton rapport à internet ?

Oui! Les réseaux sociaux sont un moyen pour communiquer, trouver de nouvelles idées et, comme je l’ai dit précédemment, ils stimulent selon moi la créativité (il faut bien évidemment savoir fouiller aux bons endroits). J’adore utiliser Instagram et Pinterest.

Mon rapport à internet? Il faut savoir l’utiliser correctement. On y trouve des choses bonnes et mauvaises. Je trouve tout de même qu’il s’agit d’un outil important et presque indispensable de nos jours.

  • Que penses-tu de ton époque, créativement parlant (musique, film, art) ? Te sens-tu en phase avec ce qui se fait ?

L’art, la musique et tous les autres domaines créatifs ne cessent d’évoluer aujourd’hui, ce qui est une bonne chose. Les choix sont variés et il y en a pour tous les goûts! Tant de choses nouvelles apparaissent chaque jour, que j’ai d’ailleurs du mal à suivre! (C’est même impossible!). Certaines évolutions me plaisent, comme l’accessibilité à l’art (je pense que le dernier clip de Beyoncé et Jay-Z est un pas en avant), et d’autres moins, évidemment.

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  • Est-ce que tu estimes que les adolescents sont représentés de façon juste dans les médias / sur internet ou as-tu du mal à t’identifier avec les images imposées ?

Haha, question difficile! Tout dépend du média en particulier, et de la représentation qui est faite. J’ai vu des films dans lesquels je ne pourrais pas m’identifier aux personnages de mon âge. Je pense notamment au film « Bang Gang » qui, selon moi, ne représente pas la jeunesse actuelle (peut être pour certains, qui sait ?) mais qui reste un film d’une assez bonne qualité !

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  • Peux-tu nous donner une petite sélection de ce qui t’inspire en ce moment ? Des gens, des oeuvres, ce que tu veux.

J’ai découvert une chaîne YouTube tout récemment, surnommée « The Purple Palace ». Elle est tenue par Shayna Tell. Il s’agit d’une américaine installée à Paris pour ses études d’art (son école a l’air tellement bien, j’en suis jalouse !). J’aime son univers ainsi que sa créativité inépuisable. Cette chaîne est mon dernier coup de cœur récent, il faut dire que j’en ai rarement !

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“The Purple Palace”

  • As-tu des projets, que ce soit maintenant ou de façon plus vaste dans un futur plus ou moins proche ?

Dans un futur proche, j’aimerais beaucoup réussir à décrochez mon code! Et pour ce qu’il s’agit d’un futur plus lointain, je n’ai pas encore beaucoup d’idées, je laisse simplement la vie couler.

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  • Un message à faire passer aux jeunes filles ou garçons de ton âge ?

Ne te laisse pas influencer par les autres, aie tes propres goûts et n’aie pas peur de les assumer fièrement! Reste toi même.

 

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Retrouve Victoire alias Vikyjune sur son instagram 

Réflexions actuelles charmantes (in french)

Il serait temps que je m’exprime sur ces sujets pour lesquels j’ai de grands débats intérieurs mais aussi extérieurs avec mon entourage, un peu comme nous tous aujourd’hui… Cet article risque d’être long et je vais m’efforcer de l’organiser un minimum, avec plus ou moins de succès.

Dans ce climat pesant, fait de paradoxes et de paranoïa, où l’accent est mis sur le harcèlement de rue et où le matraquage médiatique s’attarde sur des termes/expressions devenus des hashtags tels que “minorité opprimée”, “charge mentale”, “patriarcat”, “mâle blanc cisgenre” et j’en passe et je ne vais pas m’attarder car déjà le sang me monte aux oreilles, il serait bon que chacun essaye de réfléchir posément à la situation, sans passer par un discours normatif, rébarbatif et finalement assez effrayant. Sur les forums ou dans les commentaires youtube, je lis des jeunes filles, de 15 ans ou moins, reprendre des expressions et faire siennes des expériences qu’elles ne connaissent pas. Mieux vaut prévenir que guérir, oui parfois, mais tuer l’innocence dans l’œuf et créer un discours généralisé (toi, fille, femme, tu subiras ça, et ça, et on attendra de toi que tu te taises) c’est au mieux dangereux, au pire biaisé. Des déceptions oui, des injustices oui, mais n’est-ce pas le sort de chacun d’entre nous ? Sous couvert d'”apprendre aux jeunes filles à se protéger”, on leur fait peur. Leur affirmer que les hommes sont majoritairement des goujats qui ne les comprendront jamais et certainement les violenteront, est-ce les aider ? La communication est la clef, s’exprimer est la clef. Parfois haut et fort s’il le faut, mais pas nécessairement, et surtout avec assurance. Et l’assurance s’acquiert avec l’âge, l’éducation, l’expérience. J’ai une sœur de 15 ans, je me sens plutôt concernée par le sujet.

Raffi Kalenderian

Le féminisme. Je réfléchis au mot, découvert lors de mes premières années de fac, et qui m’avait paru ouvrir des voies cachées insoupçonnées. J’ai alors beaucoup lu sur le sujet (“Orlando” de Virginia Woolf, Benoite Groult, de la littérature, des essais, plus tard “Beauté fatale” de Mona Chollet…) Je réfléchis et je pense à ces mots en -isme, affublés de ce suffixe qui parait indiquer un courant ou une catégorie fermée plus qu’un concept inaltérable et inaliénable. Le terme féminisme est-il alors mal choisi, périssable peut-être ? Mais là est un autre débat. Alors quoi ? Pourquoi ce que je vois, ce que je lis, ce que j’entraperçois à travers les discours de connaissances ou de célébrités me déplaît ? Et je rumine, je peste, je vois Oprah (insupportable Oprah), Emma Watson, Beyonce (qui domine le monde) user le mot jusqu’à la corde et ça me donne la nausée. Parce que le féminisme assimilé au capitalisme, non merci. On entend parfois que “le féminisme ne fait pas vendre, qu’il est encore perçu comme un gros mot” mais, mais, sérieusement !? Devenu au contraire tellement à la mode et tendance, il est, comme pratiquement tout concept monétisé, dépouillé de son sens.

Il va falloir ouvrir les yeux et prendre conscience que lorsque le milieu de la mode ou des stars interplanétaires s’emparent de quelque-chose (à quand la franchise), ce n’est pas juste par empathie ou dénué d’intérêts personnels (argent argent je crie ton nom.) J’ai beau être naïve sur pas mal de choses, sur ce point je ne peux pas me laisser berner. Si j’ai de plus en plus envie de bouder le mot et ce qu’il signifie pour ces gens, c’est parce qu’il est devenu monstrueux de non-sens, de violences et qu’il s’éloigne de tout ce qui pourrait faire un monde meilleur, but ultime. Si cela sert la cause, entend-on, alors peu importe les moyens. Mais justement ! Cette surenchère, cette propagande (=action exercée sur l’opinion pour l’amener à avoir et à appuyer certaines idées), ces jugements sur les gens qui ne souhaitent pas prendre la parole sur le sujet me hérissent les poils de jambes. Tu es soit avec nous, soit contre nous, la neutralité semble impraticable ce qui encore une fois demeure dangereux comme mode de pensée. Tu ne te dis pas féministe ? Mais alors tu es un vieux misogyne dégueulasse.

Parlons à présent un peu éducation. Car je suis une femme certes, mais depuis quelques temps aussi et avant tout une mère. Petite aparté et n’en déplaise à certain, j’apprécie d’autant plus ma féminité depuis que j’ai porté et accouché d’un enfant et se savoir mère n’exclue pas de se sentir femme. Tout comme ne pas devenir mère n’est pas un obstacle dans la réalisation de soi il me semble.

Laissez-moi être sceptique face à ces cahiers d’activités non-sexistes, à ces nouveaux modes d’éducations objectivement très orientés : un enfant n’a pas la même perception des choses, il est pur dans ses remarques et dans sa vision du monde, jusqu’à un certain point où il devient entaché par le discours de ses parents et son entourage. Apposer le label “livre antisexiste” n’est pas gage de qualité, et il existe tellement de jolis et intelligents livres pour les enfants, à vous de voir comment vous voulez lui raconter les histoires. La bienveillance, l’amour, la tolérance, le respect et le bon-sens sont les meilleures clefs qui existent pour qu’un enfant respecte à son tour ses pairs, hommes, femmes et autres, sans distinction de genre, de nationalité ou de couleur. Toi, le parent, tu es son meilleur modèle. J’ai lu le “Manifeste pour une éducation féministe”, presque unanimement acclamé, de Chimamanda Ngozi Adichie et entre deux bonnes idées ou réflexions, j’ai bondi à plusieurs reprises. Mon but ici n’est pas de faire un commentaire de texte sur son livre mais pour résumer, j’adhère peu ou prou à ses propositions. De plus, oui mon enfant est un garçon mais mes craintes pour lui d’évoluer dans un monde violent, dur, injuste, où le conformisme et l’argent règnent en maître, ne sont pas amoindries du fait de son sexe. Quid de la pédophilie, qui n’épargne pas les jeunes garçons ?

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Conclusion momentanée, mon cas d’école et un peu d’auto-centrisme

Je ne suis pas juste une femme, je suis une histoire, une famille, des origines, un parcours, des aspirations, un caractère. Je sais que mon sexe n’est pas faible, au contraire, que chaque individu s’affirme comme il le peut et en cherchant à suffoquer le moins possible. Honnêtement, quand tu es bien dans ta tête et dans ton corps, que des aspirations qui te dépassent guident tes pas et ton chemin de vie, tu trouveras toujours ton compte et un juste milieu entre le statut de Madone et de Putain, arrêtons de nous offusquer pour si peu. L’homme, peu importe sa couleur et son orientation sexuelle, n’est pas notre ennemi. Il y a des individus, das classes sociales, des contextes, qui jouent bien plus sur le quotidien qu’une histoire de mâle ou de femelle. La fin peut justifier les moyens, mais ici nous parlons de virer dans un extrême qui exclue toute personne représentant la norme. J’entends encore mon ex coloc s’énerver sur son mec, et lui rétorquer après un monologue féministe “je ne te demande pas ton avis, tu n’as pas à le donner, tu n’es pas une femme tu ne peux pas savoir”, est-ce ça la communication ? Pourquoi ne peut-elle pas entendre ce qu’il a à dire ? Soi disant parce que la société patriarcale l’empêche de s’affirmer en tant que femme ? Vraiment ? Couper la parole à l’autre et l’interdire de s’exprimer, ça s’appelle de la censure, peu importe le point de vue. La même personne qui se revendique féministe et défenseur des opprimés me disait avec condescendance après mon accouchement “ah mais toi tu vas rester avec ton bébé à la maison.” Pour un temps oui merci j’ai cette envie. Et cela ne fait pas de moins une sous-femme-bonniche.

Femmes

Pour autant, je ne dénie pas le sexisme, qui est en effet présent à différents niveaux dans notre société, et bien sûr il m’est arrivée d’essuyer des remarques, de douter de moi (même si c’est plus souvent en tant qu’individu plutôt qu’en tant que femme) ou de me retrouver dans des situations inconfortables. Mais bizarrement, je me sens plus concernée par la forme de racisme banalisé que je perçois régulièrement aujourd’hui en France, aussi bien dans les sphères privées que publiques (cf mon article en anglais sur le racisme ordinaire) que par ce harcèlement de rue par exemple dont on nous rabat les oreilles, créant un faux débat et des propositions spécieuses (agrandir les trottoirs et j’en passe.)

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Alors les gens qui se présentent comme les sauveurs de l’humanité parce qu’ils pensent détenir le chemin de la vérité (via le suffixe -isme), et qui te culpabilisent si tu cherchent à avoir un autre discours et à réfléchir différemment, j’ai envie de vous dire merde. Un peu de recul ne fait de mal à personne, bien au contraire. Si j’habille mon garçon en rose, que j’ai des poils sous les bras ou que je ne porte qu’occasionnellement du maquillage, que je mange végétarien et que je prends les transports en commun (ce sont mes choix), cela ne fait pas de moi le messie ou un modèle féministe, je cherche comme tout le monde à trouver une place même s’il faut parfois jouer des coudes. Il est  vrai que le monde ne se porte pas au mieux, même si sous certains aspects et pour le bien commun il faut rester optimiste. Compartimenter, labelliser les individus sous-couvert de libérer la voix des opprimés et des minorités, c’est d’une hypocrisie telle que rien de bon n’en sortira. Les moyens utilisés sont d’une maladresse étonnante. Alors qu’à la fin, on souhaite grosso modo la même chose. Pour ma part, si on pouvait bannir les injustices (à mon avis majoritairement sociales pour parler de l’Occident), évoluer dans une bienveillance générale où chacun est libre d’être ce qu’il souhaite, ce serait magique et nous pourrions envisager l’harmonie. Et la tendresse bordel, la tendresse.

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Un si vaste sujet en si peu de lignes, j’espère avoir été claire et je m’excuse par avance des contresens éventuels. Je suis bien sûre réceptive à toute forme de critique, positive comme négative.

Crédits 1- Alessandra Genualdo, 2- Raffi Kalenderian, 3- Cécile Carrière, autres : perso & pinterest