A échelle humaine : interview

L’adolescence est une période fascinante. Une période charnière qui forge et parfois cristallise la personne que nous serons. Gorgée de premières fois, d’expériences, de découvertes sur soi-même, le monde, les autres. Pour utiliser des poncifs, disons que l’adolescence c’est ne plus être un enfant mais refuser d’être un adulte tout en cherchant à appartenir à un groupe et sonder des repères afin de se sentir plus fort. C’est souvent bien plus que ça. En tant que jeune adulte, je songe souvent avec une douce nostalgie à ma propre adolescence, même si elle signifie aussi rébellion, colère, doute. Je trouve qu’une sorte de clairvoyance soudaine sur le monde entoure cette période floue, éventuellement brutale et déchirante et c’est pourquoi j’ai eu envie d’interroger des jeunes afin de mieux comprendre ce que ça signifie d’être adolescent aujourd’hui sous un prisme, celui de la créativité. 

Victoire vient d’avoir 16 ans #sweetsixteen et elle a bien voulu répondre à mes questions. Ses réponses sont les siennes, sans retouche, sans fioriture de ma part.

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  • Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Victoire, je viens d’avoir 16 ans, et je passe en 1ère ES (économique et sociale) en septembre prochain. Je vis à la campagne avec mes parents, j’aime la photographie, regarder des films et sortir avec mes amis. J’ai deux frères et une sœur, tous les trois plus âgés que moi, qui sont partis du cocon familial depuis un petit moment déjà. Je pourrais me décrire comme créative et curieuse.

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  • Tu viens d’avoir 16 ans, comment te sens-tu ?

En toute sincérité, le fait d’avoir eu 16 ans ne me fait ni chaud ni froid. En réalité, les anniversaires ne me font jamais beaucoup d’effets, à l’inverse des expériences de la vie.

  • Quels sont tes centres d’intérêts ? Qu’aimes-tu faire en dehors ou au sein du lycée ?

Comme je l’ai dit précédemment, j’adore prendre des photos. J’aime photographier mes amis, le monde qui m’entoure, ou encore réaliser des autoportraits (je m’amuse avec le décor, le choix des vêtements ou le maquillage!). De plus, tout ce qui s’ajoute à l’univers créatif m’attire beaucoup. Par exemple, j’adore écrire, décorer ma chambre et réaliser de petits carnets en papier (surnommés des zines).

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Le cinéma m’intéresse aussi : il y a énormément de réalisateurs qui m’inspirent, et de films qui m’apportent plein de choses au quotidien. J’ai un penchant pour les films coréens (Mother de Bong Joon-ho m’a vraiment marquée), ou l’acteur Joaquin Phoenix. Ma famille et mes proches sont bien sûr une source d’inspiration au quotidien, dans leur philosophie par exemple. De plus, ma grande sœur est artiste est celle-ci ne cesse de m’inspirer chaque jour.

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“Peau d’âne” de Jacques Demy

  • Tu es très créative avec une maturité artistique évidente. D’où te vient selon toi cette créativité ? Qu’est ce qui stimule ta créativité ? 

 (Avant tout merci beaucoup!)
Selon moi, la créativité peut surgir de partout/nulle part : de livres, de personnes dans la rue, de chansons… (Oui, c’est étrange, mais certaines musiques stimulent ma fibre créative! Je citerais notamment les artistes Joe Hisaishi et Vendredi sur Mer).  Les réseaux sociaux sont aussi une bonne source pour la créativité. Il existe de nombreuses personnalités à suivre, comme des illustrateurs ou photographes (Camille Deschiens, Jimmy Marble, Clemsyxue…).

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Camille Deschiens

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Jimmy Marble

  • Vestimentairement parlant, tu as un style très marqué et tu n’hésites pas à expérimenter. Te fixes-tu des limites ou toutes les combinaisons sont possibles ?

Au lycée, les gens sont plus ouverts d’esprit, donc il est plus simple de s’habiller comme on le souhaite. J’aime essayer toutes les combinaisons possibles, mixer les genres… J’ai mes propres limites, et celles-ci sont simples : restez soi-même ! (et bien sûr, être bien dans ses vêtements!).

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  • Utilises-tu les réseaux sociaux, si oui quels sont tes favoris et pourquoi ? Quel est ton rapport à internet ?

Oui! Les réseaux sociaux sont un moyen pour communiquer, trouver de nouvelles idées et, comme je l’ai dit précédemment, ils stimulent selon moi la créativité (il faut bien évidemment savoir fouiller aux bons endroits). J’adore utiliser Instagram et Pinterest.

Mon rapport à internet? Il faut savoir l’utiliser correctement. On y trouve des choses bonnes et mauvaises. Je trouve tout de même qu’il s’agit d’un outil important et presque indispensable de nos jours.

  • Que penses-tu de ton époque, créativement parlant (musique, film, art) ? Te sens-tu en phase avec ce qui se fait ?

L’art, la musique et tous les autres domaines créatifs ne cessent d’évoluer aujourd’hui, ce qui est une bonne chose. Les choix sont variés et il y en a pour tous les goûts! Tant de choses nouvelles apparaissent chaque jour, que j’ai d’ailleurs du mal à suivre! (C’est même impossible!). Certaines évolutions me plaisent, comme l’accessibilité à l’art (je pense que le dernier clip de Beyoncé et Jay-Z est un pas en avant), et d’autres moins, évidemment.

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  • Est-ce que tu estimes que les adolescents sont représentés de façon juste dans les médias / sur internet ou as-tu du mal à t’identifier avec les images imposées ?

Haha, question difficile! Tout dépend du média en particulier, et de la représentation qui est faite. J’ai vu des films dans lesquels je ne pourrais pas m’identifier aux personnages de mon âge. Je pense notamment au film « Bang Gang » qui, selon moi, ne représente pas la jeunesse actuelle (peut être pour certains, qui sait ?) mais qui reste un film d’une assez bonne qualité !

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  • Peux-tu nous donner une petite sélection de ce qui t’inspire en ce moment ? Des gens, des oeuvres, ce que tu veux.

J’ai découvert une chaîne YouTube tout récemment, surnommée « The Purple Palace ». Elle est tenue par Shayna Tell. Il s’agit d’une américaine installée à Paris pour ses études d’art (son école a l’air tellement bien, j’en suis jalouse !). J’aime son univers ainsi que sa créativité inépuisable. Cette chaîne est mon dernier coup de cœur récent, il faut dire que j’en ai rarement !

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“The Purple Palace”

  • As-tu des projets, que ce soit maintenant ou de façon plus vaste dans un futur plus ou moins proche ?

Dans un futur proche, j’aimerais beaucoup réussir à décrochez mon code! Et pour ce qu’il s’agit d’un futur plus lointain, je n’ai pas encore beaucoup d’idées, je laisse simplement la vie couler.

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  • Un message à faire passer aux jeunes filles ou garçons de ton âge ?

Ne te laisse pas influencer par les autres, aie tes propres goûts et n’aie pas peur de les assumer fièrement! Reste toi même.

 

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Retrouve Victoire alias Vikyjune sur son instagram 

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Women Who Draw

Remember this website I told you about a few month ago ? Well, I’m a part of it ! Among other fellow female artists, I am here kind of like a fish in the sea and am so happy to be surrounded by all these talented women.

Instagram @thewomenwhodraw@clemsyxue

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…and a few women because why not.

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Réflexions actuelles charmantes (in french)

Il serait temps que je m’exprime sur ces sujets pour lesquels j’ai de grands débats intérieurs mais aussi extérieurs avec mon entourage, un peu comme nous tous aujourd’hui… Cet article risque d’être long et je vais m’efforcer de l’organiser un minimum, avec plus ou moins de succès.

Dans ce climat pesant, fait de paradoxes et de paranoïa, où l’accent est mis sur le harcèlement de rue et où le matraquage médiatique s’attarde sur des termes/expressions devenus des hashtags tels que “minorité opprimée”, “charge mentale”, “patriarcat”, “mâle blanc cisgenre” et j’en passe et je ne vais pas m’attarder car déjà le sang me monte aux oreilles, il serait bon que chacun essaye de réfléchir posément à la situation, sans passer par un discours normatif, rébarbatif et finalement assez effrayant. Sur les forums ou dans les commentaires youtube, je lis des jeunes filles, de 15 ans ou moins, reprendre des expressions et faire siennes des expériences qu’elles ne connaissent pas. Mieux vaut prévenir que guérir, oui parfois, mais tuer l’innocence dans l’œuf et créer un discours généralisé (toi, fille, femme, tu subiras ça, et ça, et on attendra de toi que tu te taises) c’est au mieux dangereux, au pire biaisé. Des déceptions oui, des injustices oui, mais n’est-ce pas le sort de chacun d’entre nous ? Sous couvert d'”apprendre aux jeunes filles à se protéger”, on leur fait peur. Leur affirmer que les hommes sont majoritairement des goujats qui ne les comprendront jamais et certainement les violenteront, est-ce les aider ? La communication est la clef, s’exprimer est la clef. Parfois haut et fort s’il le faut, mais pas nécessairement, et surtout avec assurance. Et l’assurance s’acquiert avec l’âge, l’éducation, l’expérience. J’ai une sœur de 15 ans, je me sens plutôt concernée par le sujet.

Raffi Kalenderian

Le féminisme. Je réfléchis au mot, découvert lors de mes premières années de fac, et qui m’avait paru ouvrir des voies cachées insoupçonnées. J’ai alors beaucoup lu sur le sujet (“Orlando” de Virginia Woolf, Benoite Groult, de la littérature, des essais, plus tard “Beauté fatale” de Mona Chollet…) Je réfléchis et je pense à ces mots en -isme, affublés de ce suffixe qui parait indiquer un courant ou une catégorie fermée plus qu’un concept inaltérable et inaliénable. Le terme féminisme est-il alors mal choisi, périssable peut-être ? Mais là est un autre débat. Alors quoi ? Pourquoi ce que je vois, ce que je lis, ce que j’entraperçois à travers les discours de connaissances ou de célébrités me déplaît ? Et je rumine, je peste, je vois Oprah (insupportable Oprah), Emma Watson, Beyonce (qui domine le monde) user le mot jusqu’à la corde et ça me donne la nausée. Parce que le féminisme assimilé au capitalisme, non merci. On entend parfois que “le féminisme ne fait pas vendre, qu’il est encore perçu comme un gros mot” mais, mais, sérieusement !? Devenu au contraire tellement à la mode et tendance, il est, comme pratiquement tout concept monétisé, dépouillé de son sens.

Il va falloir ouvrir les yeux et prendre conscience que lorsque le milieu de la mode ou des stars interplanétaires s’emparent de quelque-chose (à quand la franchise), ce n’est pas juste par empathie ou dénué d’intérêts personnels (argent argent je crie ton nom.) J’ai beau être naïve sur pas mal de choses, sur ce point je ne peux pas me laisser berner. Si j’ai de plus en plus envie de bouder le mot et ce qu’il signifie pour ces gens, c’est parce qu’il est devenu monstrueux de non-sens, de violences et qu’il s’éloigne de tout ce qui pourrait faire un monde meilleur, but ultime. Si cela sert la cause, entend-on, alors peu importe les moyens. Mais justement ! Cette surenchère, cette propagande (=action exercée sur l’opinion pour l’amener à avoir et à appuyer certaines idées), ces jugements sur les gens qui ne souhaitent pas prendre la parole sur le sujet me hérissent les poils de jambes. Tu es soit avec nous, soit contre nous, la neutralité semble impraticable ce qui encore une fois demeure dangereux comme mode de pensée. Tu ne te dis pas féministe ? Mais alors tu es un vieux misogyne dégueulasse.

Parlons à présent un peu éducation. Car je suis une femme certes, mais depuis quelques temps aussi et avant tout une mère. Petite aparté et n’en déplaise à certain, j’apprécie d’autant plus ma féminité depuis que j’ai porté et accouché d’un enfant et se savoir mère n’exclue pas de se sentir femme. Tout comme ne pas devenir mère n’est pas un obstacle dans la réalisation de soi il me semble.

Laissez-moi être sceptique face à ces cahiers d’activités non-sexistes, à ces nouveaux modes d’éducations objectivement très orientés : un enfant n’a pas la même perception des choses, il est pur dans ses remarques et dans sa vision du monde, jusqu’à un certain point où il devient entaché par le discours de ses parents et son entourage. Apposer le label “livre antisexiste” n’est pas gage de qualité, et il existe tellement de jolis et intelligents livres pour les enfants, à vous de voir comment vous voulez lui raconter les histoires. La bienveillance, l’amour, la tolérance, le respect et le bon-sens sont les meilleures clefs qui existent pour qu’un enfant respecte à son tour ses pairs, hommes, femmes et autres, sans distinction de genre, de nationalité ou de couleur. Toi, le parent, tu es son meilleur modèle. J’ai lu le “Manifeste pour une éducation féministe”, presque unanimement acclamé, de Chimamanda Ngozi Adichie et entre deux bonnes idées ou réflexions, j’ai bondi à plusieurs reprises. Mon but ici n’est pas de faire un commentaire de texte sur son livre mais pour résumer, j’adhère peu ou prou à ses propositions. De plus, oui mon enfant est un garçon mais mes craintes pour lui d’évoluer dans un monde violent, dur, injuste, où le conformisme et l’argent règnent en maître, ne sont pas amoindries du fait de son sexe. Quid de la pédophilie, qui n’épargne pas les jeunes garçons ?

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Conclusion momentanée, mon cas d’école et un peu d’auto-centrisme

Je ne suis pas juste une femme, je suis une histoire, une famille, des origines, un parcours, des aspirations, un caractère. Je sais que mon sexe n’est pas faible, au contraire, que chaque individu s’affirme comme il le peut et en cherchant à suffoquer le moins possible. Honnêtement, quand tu es bien dans ta tête et dans ton corps, que des aspirations qui te dépassent guident tes pas et ton chemin de vie, tu trouveras toujours ton compte et un juste milieu entre le statut de Madone et de Putain, arrêtons de nous offusquer pour si peu. L’homme, peu importe sa couleur et son orientation sexuelle, n’est pas notre ennemi. Il y a des individus, das classes sociales, des contextes, qui jouent bien plus sur le quotidien qu’une histoire de mâle ou de femelle. La fin peut justifier les moyens, mais ici nous parlons de virer dans un extrême qui exclue toute personne représentant la norme. J’entends encore mon ex coloc s’énerver sur son mec, et lui rétorquer après un monologue féministe “je ne te demande pas ton avis, tu n’as pas à le donner, tu n’es pas une femme tu ne peux pas savoir”, est-ce ça la communication ? Pourquoi ne peut-elle pas entendre ce qu’il a à dire ? Soi disant parce que la société patriarcale l’empêche de s’affirmer en tant que femme ? Vraiment ? Couper la parole à l’autre et l’interdire de s’exprimer, ça s’appelle de la censure, peu importe le point de vue. La même personne qui se revendique féministe et défenseur des opprimés me disait avec condescendance après mon accouchement “ah mais toi tu vas rester avec ton bébé à la maison.” Pour un temps oui merci j’ai cette envie. Et cela ne fait pas de moins une sous-femme-bonniche.

Femmes

Pour autant, je ne dénie pas le sexisme, qui est en effet présent à différents niveaux dans notre société, et bien sûr il m’est arrivée d’essuyer des remarques, de douter de moi (même si c’est plus souvent en tant qu’individu plutôt qu’en tant que femme) ou de me retrouver dans des situations inconfortables. Mais bizarrement, je me sens plus concernée par la forme de racisme banalisé que je perçois régulièrement aujourd’hui en France, aussi bien dans les sphères privées que publiques (cf mon article en anglais sur le racisme ordinaire) que par ce harcèlement de rue par exemple dont on nous rabat les oreilles, créant un faux débat et des propositions spécieuses (agrandir les trottoirs et j’en passe.)

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Alors les gens qui se présentent comme les sauveurs de l’humanité parce qu’ils pensent détenir le chemin de la vérité (via le suffixe -isme), et qui te culpabilisent si tu cherchent à avoir un autre discours et à réfléchir différemment, j’ai envie de vous dire merde. Un peu de recul ne fait de mal à personne, bien au contraire. Si j’habille mon garçon en rose, que j’ai des poils sous les bras ou que je ne porte qu’occasionnellement du maquillage, que je mange végétarien et que je prends les transports en commun (ce sont mes choix), cela ne fait pas de moi le messie ou un modèle féministe, je cherche comme tout le monde à trouver une place même s’il faut parfois jouer des coudes. Il est  vrai que le monde ne se porte pas au mieux, même si sous certains aspects et pour le bien commun il faut rester optimiste. Compartimenter, labelliser les individus sous-couvert de libérer la voix des opprimés et des minorités, c’est d’une hypocrisie telle que rien de bon n’en sortira. Les moyens utilisés sont d’une maladresse étonnante. Alors qu’à la fin, on souhaite grosso modo la même chose. Pour ma part, si on pouvait bannir les injustices (à mon avis majoritairement sociales pour parler de l’Occident), évoluer dans une bienveillance générale où chacun est libre d’être ce qu’il souhaite, ce serait magique et nous pourrions envisager l’harmonie. Et la tendresse bordel, la tendresse.

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Un si vaste sujet en si peu de lignes, j’espère avoir été claire et je m’excuse par avance des contresens éventuels. Je suis bien sûre réceptive à toute forme de critique, positive comme négative.

Crédits 1- Alessandra Genualdo, 2- Raffi Kalenderian, 3- Cécile Carrière, autres : perso & pinterest

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Girls crushes

Short hair don’t care

Three girls with short hair.

  • Zoe Elise Bullock alias @zeliseb. I do not have a lot of informations about this girl. I found her on Instagram. She is very beautiful with a unique style and a face you won’t forget.

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Zoe Elise Bullock

  • Pasha Harulia. A eighteen years old model from Ukraine, becoming more and more famous. No need to ask why: just look at her.
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by Chloe Le Drezen

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Minsk Studio

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Unkwown

  • Victoire alias @vikyjune, a fifteen years old girl in high school, dreaming about becoming a photographer.

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@vikyjune

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Things you might not need

When it comes to our home, the stuff we own should be useful. Not here just because everyone has got it or it is “the norm” to own them. I am not talking about decoration, art or stuff that makes us happy, those are more than useful and an expanding of our personality.

Here is a list of things you might consider not having in your life / home, especially if you live in a big city.

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  1. A car. Let’s start with a big thing. If you live in a big city, you do not need a car (at least in Europe.) Public transport is well thought, you can do everything and go everywhere easily. As for us, yes we do not have our driving licence (yet) which explain why we do not own a car but honestly, we really do not need one. Plus, it costs a lot of money and is bad for the environment.
  2. A fridge. It is absolutely possible to live without a fridge. For the story: last august, my ex-roomate left with the fridge and the washing-machine. We had to choose to spend our money in one item because we could not afford to buy both. With a baby, we chose the washing-machine (but for ten years I lived without one and it was totally ok.) Without a fridge, we do need to go more often to the groceries to buy fruits and vegetables, we cook only for one meal in order to have no leftover… but there is no big constraint. We do not eat fish, meat, milk or eggs so maybe it helps. As for the cheese (we do eat cheese), my brother-the-farmer told me that it is better to keep it outside the fridge in a special box: it will taste better (and smell stronger too.) My mum told me I had an great-aunt that lived 40 years without a fridge and died at almost 100 years old… See, very possible.
  3. A micro-wave. No need to explain. A micro-wave is a modern ustensil for hurry people. You really do not need one.
  4. A TV. I can not understand why people still have TVs nowadays. It is pure crap and with the internet, you can choose what to watch and when to watch it. In France in some places, the internet is very slow or barely exist but still: putting the radio on, listening to music or opening a book still are options.
  5. A cell phone. I did a post about living without a cellphone.
  6. Too many clothes. I have a reasonable amount of clothes (less than the majority but more than some people I guess) and a few pair of shoes and I do appreciate all of them. When we met with my boyfriend,  he had only a pair of jeans, one pair of shoes, two t-shirts and a coat… We bought him some new stuff since (for work or a big event like a wedding) but he really is what you can call a minimalist and you know, he is doing fine. If you love clothes, feel free to have a lot of them but only if you really enjoy having them around. If not, consider having less of them and keep the stuff you do wear. You can be stylish with just a few items.
  7. Too many cosmetics. I used to love beauty products and makeup, it was my “péché mignon” for a while. I still own a few makeup products (although I barely use it especially since I gave birth), a shampoo, a product to wash my face, a face cream and a deodorant. It is hard for me to let go but deep down I know I need less than that. My boyfriend use only soap (because I tell him to, if not for me he would use only water…), coconut oil (very useful) and sometimes pure clay. Maybe one day I’ll do the same beauty routine as he does… “If you can eat it, then you can put eat on your skin” he told me. Well, kind of logical but obviously, most of the products that are sold in stores are poison for our health, let’s keep that in mind before buying our next shampoo or body cream. Recently my friend Jamie gave me a soap and a creme that she made back in the US: check the Goat’s Goods it is all natural !
  8. Too many household products. Some soft soap (“savon noir”) and vinegar should be enough. Although I still find myself using wipes or bleach pastilles. Bad girl is still learning.

Any suggestion ? Which things do I not need without knowing it ? 

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Riikka Sormunen

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Super Books (a selection)

Those books I love and I always come back to. Beautiful books, funny books, super books I own and open on a regular basis just because it feels good.

  • Two books from an artist I really love (if I could I would buy everything she’s done) Aurélie William Levaux: “Sous ta barbe mon âme est morte” and “La Poutre de mon oeil.”

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First

This August with my sister Victoire, we had the chance to exhibit some of our work in an old “lavoir” (washing place), which is a beautiful and very unique place. My sister (Instagram @vikyjune) is a young photographer. She also makes little notebooks and lovely things. I am very proud of her and also of me because it is my first real “adult” exhibition.

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photos B. Junot