Music at home

Dear everyone,

I hope everything is going well for you, considering the situation. Today, I wanted to share with you a little playlist I started. Some songs I have been loving for a long time or that I just discovered. All songs are (kind of but not only) reunited under a big theme: being confined. Maybe this playlist will give you some inspiration and will bring you as much joy as it does for me.

I hope you find the energy to embrace it and that the place you’re in is a good place to be.

Music “confilist”

Love,

home

Pensée #1

Etre ou ne pas être artiste ?

Tobe

Qu’est ce qu’être artiste ? Et être artiste, est-ce la même chose qu’être « un artiste » ? J’y pense souvent, car je ne vis pas « de mon art. »

Pour moi un artiste, c’est un individu avec une personnalité, avec une vision du monde originale, esthétique, un regard perçant sur les choses et qui crée de la matière à partir de ce qui l’entoure, l’inspire, l’obsède. En revanche pour « être artiste », ne faut-il pas être reconnu comme tel aux yeux des autres ou de la société ? Sans diplôme d’une école d’art, sans l’approbation d’un certain nombre de gens du milieu, peut-on prétendre être artiste ? Valeur marchande oblige, comment se dire artiste si son art ne « vaut » rien en matière de monnaie ? Capitalisme grandiose.

On entend souvent « ah oui lui c’est un artiste », parce qu’il est rêveur, qu’il ne sait pas trop où il va, qu’il cherche des réponses autour de lui sur des pourquoi insaisissables, qu’il gribouille parce qu’il s’ennuie en classe. On m’a toujours dit « toi, tu es une artiste » mais je suis une jeune adulte et je ne peux pas dire « bonjour, je suis artiste » car ce n’est pas mon statut aux yeux des autres, de la société. Je ne suis pas à la Maison des Artistes, je n’ai pas d’exposition en cours, mon CV n’indique aucune résidence dans des lieux spécifiques.

Et pourtant, en mon sein je suis toujours une artiste, je me considère comme tel parce que je crée, que je vois de la beauté en toute chose, que ma vision du monde m’est propre et que ma seule raison de vivre est l’art. Est-ce le point de départ ? Se considérer comme tel ? Mais est-ce suffisant ?

Pour toi, qu’est ce qu’être artiste / un artiste (c’est peut-être la même chose je ne sais pas)? As-tu des réponses à mes questions ? 

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Laitière de nuit

 

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3 ans d’allaitement : une histoire de lait

Notre fils va avoir 3 ans en mai et je l’allaite encore. Une hérésie pour certaines personnes, une chance pour d’autres. Pour nous, c’est seulement une pratique qui s’est installée et qui perdure parce que chacun y trouve son lot de réconfort. Retour en quelques points sur l’histoire de mon allaitement.

Un projet conscient ?

En amont, je n’avais pas vraiment réfléchi à la question. Je ne me suis pas vraiment renseignée non plus, ma mère a allaité (en moyenne 1 an) ses quatre enfants, dont moi, je voyais ça comme quelque chose de naturel qui viendrait avec le temps, ou pas. Avec la montée de lait quelques jours après l’accouchement et les douleurs qui s’en sont suivies, je pense toutefois que quelques lectures auraient été bienvenues.

Mais rapidement et dès la maternité, l’allaitement s’est vite imposé comme plus commode, plus adapté. Nul besoin de penser aux biberons, au matériel en cas de déplacement. Si bébé se mettait à pleurer par faim, il suffisait de lui présenter le sein. S’il pleurait par gêne ou agacement, le sein le calmait quasiment systématiquement. Financièrement et pour des raisons d’organisation, c’était tellement avantageux que je ne me suis pas posée la question de savoir s’il fallait arrêter et passer aux biberons, alors même qu’à partir du 8e mois je suis retournée travailler. C’était compliqué au début : il faut imaginer que je partais le matin tôt pour ne revenir qu’en fin de journée, les seins gorgés de lait. En effet je ne me voyais pas tirer mon lait, je trouvais ça trop contraignant et peu pratique. Erreur me direz-vous, mais finalement la lactation s’est peu à peu régulée, les tétées sont devenues de plus en plus espacées et nous avons trouvé notre rythme.

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Et l’alimentation ?

La diversification alimentaire est arrivée en même temps que ma reprise du travail et bébé a commencé par manger des purées pomme-banane-avocat pendant plusieurs mois la journée en plus des tétées matinales/nocturnes. Peu à peu de nouveaux fruits et légumes se sont ajoutés, jusqu’à ce que bébé mange quasiment comme nous. Pour information, nous mangeons un régime végétarien, sans viande ni poisson mais avec des œufs et du fromage (type feta au début pour bébé, mais pas avant ses deux ans). Aujourd’hui il a 18 dents et mange “normalement”. Il est en haut de la courbe de croissance niveau taille, et au milieu concernant son poids.

Mais pourquoi tu l’allaites encore ?!

Aujourd’hui, il tète par réconfort et non pour l’apport nutritionnel que ça représente. Le soir il réclame. La nuit il réclame, une à trois fois selon son humeur. Ce qui peut paraître très contraignant pour certains parents. Ce qui a un impact sur le sommeil. Mais à mon niveau, je me dis que je lui dois bien ça. Peut-être que je culpabilise de ne pas être là la journée et souvent fatiguée le soir, alors je lui offre encore ce moment qu’il aime et que j’apprécie encore pour créer du lien. C’est un moment affectif, d’échange et de retrouvaille qui fait du bien. J’ai l’impression que le jour où nous arrêterons, ce sera en accord l’un avec l’autre.

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Et le papa dans tout ça ?

Papa n’a pas donné le biberon à son bébé, c’est vrai. Mais il y a plein d’autres choses qu’un père peut faire avec son fils. C’est un peu spécial chez nous car il le garde depuis ma reprise d’activité. 2 ans et demi ensemble, ça crée des liens. Il a trouvé une place auprès de son fils via un rythme qu’ils choisissent tous les deux sans que je sois présente. Et puis autant dire qu’il a changé plus de couches que moi. C’est aussi lui qui s’est occupé de sa diversification alimentaire. L’allaitement, c’est un privilège qu’une mère offre à son enfant mais le père peut essayer de trouver une équivalence.

  • Aux mères qui doutent, qui ont peur du regard des autres, qui ne savent pas comment gérer les remarques désobligeantes (notamment à partir d’un an, car au-delà c’est souvent un exploit d’allaiter en France), j’ai envie de vous dire: faites-vous confiance. Ne vous justifiez pas, jamais. Si vous êtes à l’aise avec votre allaitement, avec votre enfant et que vous êtes heureuse de continuer à allaiter, c’est le principal. Dans plein de culture, dans d’autres pays, de tous temps, des femmes ont allaité leur enfant, plusieurs mois, plusieurs années. Alors si vous avez envie et que vous pouvez continuer, moquez-vous des reproches car elles ne vous apporteront rien, ni à vous ni à votre enfant.
Si vous avez des questions en rapport avec l’allaitement ou l’alimentation, n’hésitez pas !

Lait et Amour

Remèdes à la morosité

    Des remèdes ou des pansements, selon les jours et le degré de déprime ambiante dans le salon/le bureau humide et poisseux. Ils aident à se sentir mieux, moins vide, plus vivant, plus présent, moins fataliste et redonnent du sens à nos pensées, aident à passer à l’action quand ils ne sont déjà pas en soi, de l’action. La morosité, ma morosité ? Peu importe, ce sont des astuces que tout un chacun peut adapter, se servir et piocher comme lors d’un buffet à volonté.

  1. Ecouter de la musique. Retomber dans des musiques du passé, les croire oublier et se surprendre à danser et se souvenir des paroles. Si possible liées à un passé joyeux. L’écouter fort, car est-ce que la musique s’écoute autrement ? Bientôt une playlist je pense, des musiques puissantes qui me font me sentir toute petite et forte à la fois. 
  2. Se couper du net. Pour de vrai, plusieurs jours, plusieurs semaines, pour toujours ? Se reconnecter au réel, aux sensations, à la matière brute de son corps, de ses émotions.
  3. Se couper des podcasts, éventuellement des vidéos youtube. Oui, avoir la fâcheuse tendance d’écouter des podcasts qui agacent un jour morose, c’est contre productif et ça engage la tête dans le mur. Un jour bienheureux, ça va, ça permet de réfléchir et de voir par d’autres yeux, ça offre le luxe de savoir ce qui n’est pas en paix chez nous. Le podcast comme miroir de nous-même donc quand ça va moins bien, non merci.
  4. Faire du sport. Celui qu’on aime, qui nous fait du bien, qui nous libère. Sans excès, juste pour le plaisir. Bouger.
  5. Une bonne séance de yoga. Pour respirer, transpirer en harmonie avec ses muscles ses os toute sa structure corporelle et lui dire merci de nous porter.
  6. Lire un bon livre, ou un mauvais. Un livre qui nous rend léger ou qui nous fait réfléchir. Qui nous rapproche de notre intellect ou nous en éloigne, selon l’effet recherché.
  7. Créer. Ecrire, dessiner, peindre, faire de la couture, un objet indéfini en pâte fimo, faire de la calligraphie, du crochet, des collages. Utiliser ses doigts, les mettre en mouvement au rythme de sa créativité, sans forcément réfléchir et ne pas penser au résultat, seulement à l’action de faire. Ecrire aussi, peut faire du bien : dans son journal, de la poésie. Ou de l’écriture automatique si on peut, afin de laisser les mots creuser le sillon du sens par eux-mêmes.
  8. Prendre un bain. C’est toujours pareil, le bain c’est l’ami du bien. L’eau chaude est un remède en soi. Un doux, enveloppant, généreux remède qu’on a l’honneur d’obtenir en ouvrant un robinet. L’eau, rien que l’eau. On aurait presque envie d’aller faire une cure thermale, quand on voir les bienfaits d’un seul petit bain.
  9. Se faire masser. Par un proche ou un professionnel, se faire masser des pieds à la tête. Quel délice.
  10. Dormir. Si on peut se le permettre, dormir reste le meilleur remède de tous les temps. Je ne dors plus ou très mal et quand vient le repos, mon corps lâche et tombe malade. Alors si vous le pouvez, dormez. Reposez-vous. Faites de beaux rêves.

Il faut croire que le bien être, peu importe notre stade dans la vie, se compose de choses simples mais essentielles, vitales car étrangement, ces conseils contre la morosité sont sensiblement les mêmes que ceux pour une grossesse épanouie.

J’espère que le nuage au dessus de votre tête pourra se dissiper, au moins en partie, grâce à ces activités qui nécessitent peu de choses. Seulement du temps.

 

Oeuvres par Carolina Arevalo

Paula Modersohn-Becker

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J’ai lu “Etre ici est une splendeur” de Marie Darrieussecq (puis “Le bébé” du même auteur car souvent les bons livres donnent envie d’en lire d’autres) (aparté sur laquelle je reviendrais peut-être) sur les conseils d’une libraire interviewée pour La Grande Librairie. Et merci à cette libraire, car j’y ai découvert une artiste femme forte, déterminée, talentueuse, habitée par son art. Avec un destin tragique (elle meurt peu de temps après avoir accouché, à 31 ans) mais une vie riche et foisonnante, de rencontres, de nature, d’amour, de déceptions, de poésie aussi. Cet ouvrage a su me captiver et donne envie de se plonger dans ses peintures, afin d’y déceler au détour d’une couleur, les émotions qui pouvaient la traverser.

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